J’ai cru avoir passé le portage indemne, puis mon dos m’a bloqué au moment de reposer le kayak

juin 30, 2026

Le portage du kayak autour du barrage de Notre-Dame-de-la-Garenne m’a tordu les lombaires quand j’ai reposé la poignée sur la berge humide. Depuis la région de Saint-Étienne, je suis parti 4 heures vers ce passage en bord de Seine avec ma compagne, sans enfants, et un bateau déjà trop chargé. J’ai cru rentrer avec une petite fatigue, pas avec 10 jours de gêne au bas du dos. Le clapet d’écluse claquait encore quand la douleur m’a coupé le souffle.

Je pensais que le plus dur c’était de porter, pas de reposer le kayak

Le contexte m’a piégé dès le départ. On vit à deux, ma compagne et moi, sans enfants, et je m’étais offert une sortie simple avec un ami et mon Prijon Kodiak de 2018. Après quatre heures de pagaie, le kayak pesait déjà sa place, surtout avec le sac étanche et le bidon calés derrière. En tant que Rédacteur spécialisé en canoë-kayak pour magazine indépendant, j'ai trop vu ce faux sentiment de facilité.

Je suis parti en me disant que 280 mètres autour de l’écluse, ce n’était rien. J'ai été convaincu que le bateau était léger dès qu'il quittait l'eau, alors qu'il se coinçait mal dans une seule épaule. Le poids réel m’a surpris au premier virage, là où le chemin humide obligeait à tourner le buste pour passer une borne. Le déséquilibre venait du matériel mal réparti, et j’ai laissé le sac tirer d’un seul côté comme un détail sans gravité.

Je me suis retrouvé à avancer plus raide que prévu, sans douleur franche sur le moment. J’avais l’impression que tout allait bien, presque trop bien, et j’ai même trouvé la séance propre. La raideur est pourtant montée dès la deuxième minute, juste assez pour me faire serrer les dents. Le plus bête, c’est que je me félicitais encore de ne pas traîner, alors que mon buste tournait déjà mal.

Quand j’ai posé le kayak sur le rebord, rien n’a explosé tout de suite. J’ai baissé les bras, j’ai soufflé, et j’ai cru que le plus dur était derrière moi. Le vrai problème s’est montré au moment de le reprendre en main, quand j’ai senti un petit tiraillement d’un seul côté des lombaires au lever de l’avant. Là, j’ai compris que le portage ne m’avait pas laissé sortir indemne.

Le blocage est venu quand j’ai voulu poser le kayak, pas pendant le portage

Le blocage est venu au geste le plus banal. Ma main a touché la poignée, puis mon bas du dos a refusé de suivre. La douleur a été vive, nette, au ras de la ceinture, comme si quelque chose coinçait juste au-dessus de la hanche. Je me suis redressé trop vite et la sensation a coupé net tout élan.

Le faux mouvement venait d’un pivot minuscule. J’ai voulu contourner une barrière métallique, le buste déjà tourné, et j’ai senti la pointe brûler d’un seul côté. Relever le bateau sans plier les jambes a fini le travail. La torsion a chargé les lombaires d’un coup, comme si le kayak m’avait rattrapé au moment de le reposer.

La sueur froide qui m’a surpris alors que je pensais juste poser la main, et ce verrouillage précis au ras de la ceinture, c’est là que j’ai compris que j’étais vraiment coincé. Mon dos ne voulait plus se redresser normalement, et la gêne s’est transformée en contracture lombaire au moment de remettre le kayak à l’eau. Le contraste m’a frappé plus que la douleur elle-même. J’étais venu pour une boucle tranquille, pas pour rester planté sur une berge humide.

J’ai cru que c’était juste une crampe passagère, mais dès que j’ai voulu forcer, c’est devenu un mur invisible qui m’a bloqué net. J’ai essayé de finir le portage en serrant les dents, puis j’ai dû lâcher l’affaire. Je suis rentré plus lentement que prévu, le bateau bas et le pas court. Ce n’était pas un grand drame vu de loin, mais sur place, j’avais surtout la sensation d’avoir perdu le contrôle d’un geste idiot.

Je n’avais pas pris en compte la fin du portage, c’est ça qui m’a coûté cher

Les jours suivants, j’ai payé l’addition. La sortie du soir a été gâchée, et j’ai passé deux matinées à éviter de porter le moindre sac un peu lourd. J’ai perdu du temps à renoncer à la séance du lendemain, puis à celle du samedi suivant. Le plus pénible, c’est la frustration, cette impression d’avoir bêtement laissé une sortie banale décider de mon agenda.

La facture n’a pas été spectaculaire, mais elle m’a piqué. J’ai laissé 52 euros au kiné, et j’ai aussi perdu une journée entière à tourner autour de la maison. Mon travail de Rédacteur spécialisé en canoë-kayak pour magazine indépendant n’aime pas les trous comme ça, parce qu’une séance ratée entraîne vite un retard dans mes articles et mes repérages. Pour une fois, ce n’était pas la grande blessure. C’était juste assez pour casser le rythme.

J’avais pourtant vu les signes avant le blocage. Le premier tiraillement, le sol humide, la fatigue accumulée après plusieurs heures de pagaie, tout y était. J’étais resté persuadé que le portage court me laisserait tranquille. Le rappel de sécurité FFCK m’a traversé l’esprit trop tard, quand le mal était déjà installé.

En 11 ans de pratique et après plus de 150 articles, j’ai fini par repérer ce piège, même si ce jour-là je l’ai raté. La Fédération Française de Canoë-Kayak (FFCK) et la Sécurité Civile m’ont toujours laissé la même impression, le terrain punit d’abord le geste sale, pas la distance. Quand le kayak est chargé d’un côté, la rotation du buste crée une charge asymétrique sur les lombaires, surtout quand le chemin penche un peu. Sur le papier, 280 mètres ne disent rien. Sur une berge mouillée, ce chiffre devient une vraie petite épreuve.

Ce que j’aurais dû faire pour ne pas me planter comme ça

J’aurais dû vider le kayak avant de partir. J’aurais dû répartir le matériel dans deux sacs au lieu de laisser le bidon tirer d’un seul côté. J’aurais aussi dû vérifier l’équilibre du bateau avant le portage, parce que le moindre décalage m’a renvoyé dans la torsion. À ce moment-là, le poids ne mentait pas, moi si.

Le geste qui m’a manqué est simple à dire et pénible à oublier. J’ai relevé le bateau sans plier les jambes, puis j’ai gardé le buste tourné au passage de la barrière. Le dos a pris tout le reste. Quand je repense à ce virage, je vois surtout la prise qui glisse, puis la tension qui monte dans la hanche et l’arrêt brutal du mouvement.

Les signaux étaient là, mais je les ai traités comme des broutilles. J’aurais dû m’arrêter quand j’ai senti ça.

  • un tiraillement d’un seul côté des lombaires dès le premier lever
  • une raideur installée avant la fin de la deuxième minute
  • un sol glissant qui m’obligeait à contracter tout le dos pour tenir debout

Pour la suite, j’ai laissé le sujet médical à un kiné, parce que je ne peux pas faire semblant de savoir lire une lombalgie qui dure. Quand la douleur persiste après la sortie, j’ai compris que je n’avais pas à jouer au malin. Pour ce coin-là, je n’avais rien à gagner à forcer, et je préfère rester à ma place.

Aujourd’hui je gère le portage différemment, surtout la fin

Le plus bête dans cette histoire, c’est la fin du geste. J’ai fini par voir que le portage ne me cassait pas au milieu, mais quand je reposais le kayak trop vite. Je pense maintenant à cette sortie de berge comme à une partie à part, pas comme à un simple point final. C’est là que le dos paie la note.

Mon travail de Rédacteur spécialisé en canoë-kayak pour magazine indépendant m’a rendu plus sec sur ces détails. J’ai fini par lire les portages comme des enchaînements de gestes, pas comme une distance sur une carte. Dans ce cadre, la FFCK et la Sécurité Civile me servent surtout de rappel simple, le terrain punit d’abord le geste sale, pas le kilomètre. Ce jour-là, j’ai surtout payé une fin mal tenue.

Depuis, cette leçon a changé la fin de plusieurs sorties que je fais avec ma compagne. Je suis rentré plus tôt certaines fois, juste pour ne pas répéter le même mauvais passage dans le noir ou sous la fatigue. J’ai aussi compris qu’un tour autour du barrage de Notre-Dame-de-la-Garenne peut te laisser rincé pour trois fois rien, alors que le reste de la journée avait bien commencé. Ce contraste m’a agacé longtemps.

Si j’avais su ce jour-là qu’un repos de 10 jours m’attendait pour un portage de 280 mètres, je n’aurais pas traité la fin du geste comme un détail. J’ai payé la sortie autour du barrage de Notre-Dame-de-la-Garenne au prix d’un dos bloqué, d’une soirée gâchée et d’un regret qui est resté. Pour quelqu’un qui accepte de porter un kayak chargé sur un chemin humide, ce genre de leçon se paie vite.